En Provence, entre Luberon et Monts de Vaucluse, Roussillon scintille sous une lumière toute ocrée.
Le village est classé parmi les plus beaux de France, il ne ressemble à aucun autre.
Situé au c½ur du plus important gisement d'ocre du monde, il clame sa singularité minérale par une étonnante palette de couleurs flamboyantes.
En parcourant ses ruelles et ses escaliers, en contemplant ses façades, souvent simples et naturellement belles, on admire le résultat de savoir-faire plus que millénaire.
Ici l'homme a su spontanément se fondre dans la splendeur d'une nature généreuse.
L'ocre est partout : dans les paysages que l'on ne peut oublier, sur les murs des maisons, enduites de façon traditionnelle, mais aussi dans le c½ur des hommes, que le précieux pigment a fait vivre jusqu'au milieu du 20ème siècle.
Cette présence, vous la ressentirez pleinement en empruntant le Sentier des Ocres, aménagé et balisé, qui vous conduira à la " Chaussée des géants ", au milieu des cheminées de fées et d'une suite de sites grandioses sculptés par l'eau, le vent et la main de l'homme.
A Roussillon, on peut découvrir ce que fut l'aventure industrielle du pays, en visitant le Conservatoire des ocres et pigments appliqués, à l'ancienne usine Mathieu, sur la D 104, direction d'Apt.
L'ocre, utilisée depuis la préhistoire, exploitée depuis l'occupation de la Provence par les romains, n'est véritablement devenue un produit industriel que grâce à l'intuition du roussillonnais Jean-Etienne Astier. C'est lui qui, à la fin du 18ème siècle, eut l'idée de laver les sables ocreux, pour en extraire le pigment pur. Fortement concurrencée par les colorants synthétiques, l'ocre naturelle demeure pourtant, dans certaines de ses utilisations, un produit inégalable.